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Lutte contre les djihadistes français « des mesures bien dérisoires »

05/06/2014 - 17h52 par Alain Marsaud
Lutte contre les djihadistes français « des mesures bien dérisoires »

Cela fait plusieurs mois que j’ai alerté par courrier et question écrite, le Ministre de la justice sur l’inadaptation de notre système pénal à faire face à l’afflux de jeunes Français déferlant en Syrie pour y mener le combat contre le système Assad. J’ai souhaité, en qualité de Président du groupe de travail sur la situation en Syrie à la commission des Affaires Etrangères, entendre des responsables de nos services de renseignement afin qu’ils puissent informer notre groupe de l’exacte réalité de la situation. Je n’ai pas obtenu de réponse du Ministre de l’Intérieur de l’époque. C’est donc avec un certain soulagement que j’ai pris connaissance des quelques mesures que le nouveau Ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, envisage de prendre pour lutter contre ce que Monsieur Fabius, Ministre des Affaires Etrangères, a qualifié de plus grand défi terroriste rencontré par la France au 21ème siècle.

Ces nouvelles mesures sont au mieux, de nature à établir une prévention à l’égard de ceux qui envisagent de partir et encore, elles concernent surtout les mineurs, puisque l’on veut responsabiliser les parents en leur donnant les moyens d’aviser les autorités par numéro vert ou internet. Ceci apparait bien dérisoire car s’il est exact que « nos djihadistes Français » sont au nombre de 500 à 700 en Syrie, cela représente l’équivalent d’un régiment, composé d’individus qui manient les armes de toute nature et qui éventuellement, séquestrent ou servent de gardiens à nos otages.

A moins de considérer, ce qui est peu vraisemblable, que tous ces Français s’établissent en Syrie, nous devons surtout nous inquiéter des conditions de leur retour en France. Tout d’abord, contrairement à ce que prétendent certains, ils ne pourront guère faire l’objet de poursuites judiciaires sérieuses car il sera difficile d’établir qu’ils ont participé à une association de malfaiteurs terroristes, les notions d’intimidation et de terreur seront difficiles à caractériser puisque ces faits se passent en territoire étranger et hors du contrôle des autorités françaises. Il faut donc changer la loi en urgence, ce que je proposerai, ayant par le passé, œuvré pour la mise en place de cet outil juridique qu’il faut donc réadapter à l’actualité.

L’urgence doit nous imposer cette réforme car on peut toujours imaginer que parmi ces djihadistes plus ou moins autoproclamés, peuvent se dissimuler 4 ou 5 « Mohamed Merah », ce qui serait bien sûr de nature à créer un risque terroriste sans précédent sur notre territoire. Mettons en œuvre dès à présent, « une infraction de crime ou délit d’interdiction de combattre à l’étranger sans autorisation des autorités françaises ». C’est à l’union de l’imagination de tous et de toutes les bonnes volontés qu’il faut faire appel dès à présent.