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Irak : la fin d’un monde ?

18/06/2014 - 13h11 par Alain Marsaud
Irak : la fin d’un monde ?

Nul n’est capable aujourd’hui d’imaginer l’évolution de la situation en Irak où des groupes djihadistes proches de « l’Etat Islamique en Irak et au Levant », prennent possession de régions entières et de grandes villes. Ils sont aidés en cela par nombre d’anciens militaires de Saddam Hussein. Ils ont fait main basse sur d’importants matériels, y compris stratégiques, laissés par les Américains au gouvernement légal du Premier Ministre Nouri al-Maliki.

Il est bien évident que cette situation est la résultante de l’opération américaine de 2003 qui, d’une part en chassant le dictateur Saddam Hussein a créé un vide stratégique et sécuritaire au centre du Moyen-Orient et qui, d’autre part a facilité la prise de pouvoir par la majorité Chiite, laquelle a mis en place un impérialisme de gouvernance au détriment de la minorité Sunnite.

A l’heure actuelle, il faut noter que ce sont les Kurdes du nord avec leurs « Peshmergas » qui ont stoppé l’avancée des djihadistes à la suite de la débandade de l’armée irakienne régulière. Mais la question se pose d’une éventuelle prise de Bagdad, même si le grand ayatollah Irakien Ali al-Sistani a appelé à la levée en masse des forces militaires Chiites et des populations.

Cette situation crée des distorsions mais aussi quelques paradoxes diplomatiques. Il y a 10 mois de cela, Messieurs Obama et Hollande envisageaient de bombarder les sites Syriens d’obédience Alaouite et donc proches des Chiites.

Aujourd’hui, Monsieur Obama hésite entre deux solutions, la première ne rien faire, avec les risques que cela comporte, la deuxième consistant à s’allier en quelque sorte avec les Chiites Iraniens pour aller bombarder les Sunnites à Bagdad. Tout cela est le résultat de politiques inconsidérées menées par les Occidentaux, qui ont conduit chacun leur petit jeu diplomatique personnel sans tenir compte de l’intérêt et de l’avenir d’une zone depuis fort longtemps hélas, en état d’ébullition violente.

Nous attendons avec intérêt la position que va adopter la France dans ce conflit, révolution, invasion, prise de pouvoir. Pour le moment notre diplomatie est bien silencieuse, ne parlons même pas de la diplomatie européenne qui elle, n’existe plus depuis longtemps et qui a abandonné ce terrain de l’intervention, même morale, au néant.

Les jours et les semaines qui viennent seront cruciaux. Allons-nous assister passivement à l’installation d’un Etat djihadiste, à cheval sur les deux tiers de la Syrie et un gros tiers de l’Irak ? Avons-nous les moyens d’empêcher les exactions qui mettent en danger nombre de populations et en particulier les Chrétiens qui sont les premières victimes de ces violences ?