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Alain Marsaud répond au Petit journal de Beyrouth à l’occasion du mois de la francophonie

03/04/2017 - 08h33 par Alain Marsaud
Alain Marsaud répond au Petit journal de Beyrouth à l’occasion du mois de la francophonie

Au cours de ces cinq dernières années, Alain Marsaud, en qualité de député des Français établis au Moyen-Orient et en Afrique subsaharienne, déclare s’être investi dans de nombreux domaines afin de contribuer au dynamisme de la présence française à travers le monde, notamment celui de la francophonie. Entretien

LPJ Beyrouth : Que signifie, défendre la francophonie, pour un député des français de l’étranger ? 
Alain Marsaud : Le français reste l’une des langues les plus pratiquées dans le monde. Bien loin derrière l’anglais, le mandarin ou encore l’espagnol, on estime qu’en 2014, 274 millions de personnes parlaient français à travers le monde. Bien qu’étant la 6ème langue la plus parlée sur la planète, le français a néanmoins connu ces dernières années un recul qui nécessite la mise en place d’actions diverses.

Ce développement de notre langue passe bien entendu par l’éducation. C’est la raison pour laquelle en qualité de député des Français établis dans la 10ème circonscription, je me bats pour qu’il y ait des écoles françaises à chaque endroit où résident des compatriotes mais aussi à chaque endroit où est exprimée une demande, un besoin d’apprentissage de notre langue.

Mais la langue française ne s’arrête pas à l’apprentissage des mots et du vocabulaire. En effet, notre langue est également porteuse de notre culture, de nos valeurs et de notre histoire. C’est la raison pour laquelle je continue à défendre l’idée que ce sont nos associations, institutions françaises ou encore nos entreprises qui représentent le fer de lance de la sauvegarde de notre langue, notamment à l’étranger. C’est aussi une des raisons qui m’amène à défendre les actions que mènent nos Instituts français et l’ensemble de nos associations à travers le monde.

Dans ma circonscription, qui regroupe une dizaine de pays francophones, nos compatriotes œuvrent quotidiennement au développement de la langue française sans pour autant s’opposer aux autres langues qui y sont pratiquées comme l’anglais ou l’arabe. Participer au développement de la langue française ne signifie pas faire la guerre aux autres langues.

Quelles initiatives avez-vous prises ?
Ce sont les actions du quotidien qui contribuent à la défense de la francophonie. En qualité de député, la première des actions que j’ai eu à mener est d’ordre législatif. Au cours de ces cinq dernières années, j’ai eu l’occasion d’intervenir à plusieurs reprises sur des projets de lois qui pouvaient avoir un lien plus ou moins direct avec le développement de la francophonie, comme par exemple la suppression de la prise en charge de la scolarité pour nos enfants inscrits dans les établissements français à laquelle je me suis opposée et qui risque à long terme, d’impacter directement le nombre d’inscriptions dans nos établissements, avec des familles qui, en raison des frais d’écolage trop élevés, ne peuvent plus y scolariser leurs enfants.

Chaque année, par le biais de la réserve parlementaire, j’apporte un soutien financier à nos associations, nos écoles ou encore nos institutions.

Par ailleurs, j’ai souhaité au début de mon mandat, participer à l’Assemblée parlementaire de la Francophonie en contribuant au développement de nos valeurs tout en respectant les cultures des autres nations.

On dit que la francophonie est en recul dans le monde. Le constatez-vous sur le terrain ?
Le combat que mènent nos compatriotes sur le terrain est colossal mais il restera insuffisant tant que nos gouvernants ne montreront pas une réelle volonté de développement de la francophonie à travers le monde.

Pour cela il nous faut réinventer notre vision du monde afin d’éviter de faire du français une langue de second plan. En effet, je vois parfois des compatriotes qui s’insurgent de voir le député que je suis, nommer sa lettre d’information mensuelle « newsletter » mais l’attachement à notre langue et à la francophonie ne doit à mon sens pas faire de nous des réfractaires au changement.

Nous devons saisir les opportunités là où elles se présentent en s’appuyant sur de nouvelles méthodes et de nouveaux moyens qui permettront le développement de la francophonie. Ainsi, il me parait essentiel de mettre en avant le travail de nos startups présentes dans le monde entier et celui de l’ensemble nos compatriotes qui à travers leur travail du quotidien défendent le savoir-faire français.

Mais tout ceci ne peut se faire qu’avec l’aide de nos responsables politiques et de la France qui se doit d’être présente à chaque rendez-vous incontournable comme c’est le cas chaque année à l’occasion du salon du livre de Beyrouth.

Pour cela, il nous faut réinventer notre approche en nous appuyant sur le dynamisme de nos communautés à l’étranger. En effet, augmenter taxes et réglementations à l’encontre de nos compatriotes ne me parait pas être la bonne approche. Nous devrions au contraire encourager l’innovation, la prise de risque parfois, que cela soit dans le domaine économique, culturel mais aussi à travers le développement de notre réseau éducatif et associatif. C’est à mon sens de cette manière que nous arriverons à développer efficacement la francophonie.